Conversations difficiles au travail

Il est possible de régler bien des problèmes au travail en en discutant. Cependant, l’idée d’aborder votre patron ou de confronter un collègue peut être stressante. Voici des conseils pour vous aider à gérer ce genre de situation.
Ce que vous devez savoir
Demandez-vous d’abord si une conversation honnête est appropriée. Parfois, les démarches informelles ne conviennent pas, surtout lorsqu’il est question de discrimination ou d’autres déséquilibres de pouvoir.
Vous préférerez peut-être écrire une lettre ou déposer une plainte officielle. (Nous avons aussi des conseils à ce sujet.) C’est à vous de décider. Commencez par l’approche qui vous convient le mieux.
Il peut être utile de discuter d’abord du problème avec des amis, des collègues ou votre représentant syndical (si vous êtes syndiqué). Ils sont peut-être déjà passés par là et peuvent vous donner de bons conseils.
Vous pourriez aussi vouloir du soutien si vous décidez plus tard d’écrire une lettre ou de déposer une plainte officielle. Il est bon de noter avec qui vous avez parlé, quand et de quoi.
Pensez à demander à un collègue de vous accompagner lorsque vous parlez à votre patron. Il peut vous offrir un soutien moral et prendre des notes, ce qui vous permettra de vous concentrer pleinement sur la conversation.
Si vous décidez d’amener quelqu’un avec vous, assurez-vous d’obtenir la permission de votre employeur à l’avance. Les surprises peuvent être risquées.
Un employeur n’a pas de raison valable de vous congédier parce que vous soulevez un problème au travail, faites une demande ou déposez une plainte. Si vous êtes congédié parce que vous avez soulevé un problème de discrimination, de harcèlement ou de sécurité au travail, des lois sont là pour vous aider.
Mais à tout moment, à condition de vous donner un préavis suffisant ou une indemnité de départ, un employeur peut mettre fin à votre emploi sans motif valable.
Ce qui constitue un préavis suffisant dépend de ce qui est écrit dans votre contrat de travail — ou du minimum auquel vous avez droit selon la loi. (Cela dépend généralement du temps que vous avez travaillé à un endroit.)
Soulever une préoccupation ou faire une demande ne devrait pas mettre votre emploi en danger. Malheureusement, certains patrons sont colériques et ne réagissent pas bien aux demandes.
Cela ne veut pas dire que vous ne devriez pas demander cette augmentation ou cette promotion. Mais cela signifie que vous devriez réfléchir à la façon et au moment de le demander.
Ayez la conversation
Voici quelques étapes judicieuses à suivre pour avoir « la conversation » avec votre patron.
Étape 1. Fixez un moment
Étape 2. Préparez-vous
Étape 3. Entraînez-vous
Étape 4. Ayez la conversation
Étape 5. Prenez des notes
Étape 6. Faites un suivi
Étape 1. Fixez un moment
Si vous venez de recevoir une mauvaise nouvelle ou si vous avez l’impression d’avoir subi une injustice, résistez à l’envie de faire des demandes immédiatement. Vous aurez plus de chances d’obtenir quelque chose si vous êtes calme et préparé. Donnez-vous un jour ou deux pour rassembler vos idées et retrouver votre calme.
Ensuite, fixez un moment pour vous rencontrer. Confirmez de nouveau la veille.
Étape 2. Préparez-vous
Traitez cela comme si vous meniez campagne pour une grande élection. Votre discours doit être prêt.
Commencez donc par faire un remue-méninges. Écrivez ce qui vous déplaît et ce que vous voulez accomplir. S’il y a eu un incident précis, notez la date et le lieu où il s’est produit, ainsi que ce que cela vous a fait ressentir.
Énumérez les six ou sept principaux points que vous voulez soulever. Ensuite, rayez-en la moitié. Cela peut faire ressortir ce qui est le plus important pour vous et vous aider à vous rappeler ce que vous voulez dire.
Réfléchissez bien au résultat que vous voulez obtenir. Comment espérez-vous que votre employeur réagira? Mettez-vous à sa place. Demandez-vous : Qu’est-ce que je ferais si j’étais à sa place?
Rassemblez les documents à l’appui. Il peut s’agir de courriels ou de lettres liés au problème, de vos talons de paie (si une partie de votre paie manquait, par exemple) ou de votre contrat de travail écrit (si vous en avez un).
Les employeurs ne lisent pas dans les pensées. Si vous pouvez faire des suggestions concrètes, vous donnerez à votre employeur quelque chose sur quoi travailler. Pensez à demander plus que ce que vous voulez : vous aurez plus de chances d’obtenir au moins une partie de la solution que vous recherchez.
Étape 3. Entraînez-vous
Vous n’avez pas à le faire devant un miroir, mais il est important de répéter. En plus de bien connaître vos trois principaux points, voici quelques conseils.
Adoptez un bon langage corporel. Regardez votre interlocuteur dans les yeux. Ne vous affaissez pas. Montrez de l’assurance.
Écoutez et clarifiez. Ce que je vous entends dire, c’est…
Présentez les choses autrement. Dites J’ai besoin de souplesse plutôt que Vous ne m’avez pas accordé de souplesse.
Nuancez et adoucissez vos propos. Ne dites pas toujours ou jamais. Employez peut-être.
Prenez le pouls de la situation. Comment recevez-vous cela?
Étape 4. Ayez la conversation
Voici un modèle que vous pourriez suivre pour la conversation elle-même.
Expliquez quel est le problème. Par exemple : Le nouvel horaire de travail m’inquiète.
Expliquez brièvement les répercussions sur vous. Par exemple : Avec autant de quarts de travail tôt le matin, il m’est difficile d’amener mes enfants à l’école.
Tenez-vous-en aux faits. Par exemple : Le programme avant et après l’école est complet et la liste d’attente est d’un an.
Proposez une ou plusieurs solutions. Par exemple : Je pourrais peut-être avoir un quart de travail le matin à l’occasion et davantage de quarts l’après-midi.
Demandez une réponse avant une certaine date. Par exemple : Pouvez-vous s’il vous plaît me faire savoir d’ici le (date X) quelle décision vous aurez prise?
Étape 5. Prenez des notes
Après la conversation, notez ce que vous avez tous les deux dit, ainsi que la date et l’heure de votre discussion. Assurez-vous de décrire le résultat.
Vous pourriez avoir l’impression de ne pas avoir tout à fait réussi à faire comprendre votre point de vue ou d’avoir oublié de dire quelque chose d’important. Ce sentiment est normal. N’oubliez pas qu’avoir eu le courage d’avoir cette conversation est déjà une victoire.
Étape 6. Faites un suivi
Attendez un jour ou deux, puis pensez à lui envoyer par courriel un résumé de la conversation. Remerciez-le d’avoir pris le temps d’en discuter. Énumérez les principaux points abordés et l’échéance demandée pour la réponse.
Soyez bref et allez droit au but. Si le problème n’est pas réglé, ce compte rendu de la discussion pourrait vous être utile plus tard.
Qui peut vous aider
En tant que travailleur, vous pouvez communiquer avec des organismes si vous avez des questions sur vos droits.

Employment Standards Branch (Direction des normes d'emploi)
Le bureau du gouvernement qui traite les plaintes contre les employeurs en C.-B.

Emploi et Développement social Canada
Cet organisme peut vous aider si vous travaillez dans un secteur réglementé par le fédéral.

WorkSafeBC
Traite les plaintes concernant les conditions de travail dangereuses et les blessures au travail.

BC Human Rights Tribunal (Tribunal des droits de la personne de la C.-B.)
Traite les plaintes pour discrimination en vertu de la loi de la C.-B.
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- Cette information s'applique à la Colombie-Britannique, Canada
- Révisé pour l'exactitude juridique en mars 2020
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Révisé pour l'exactitude juridique par
Richard Johnson, Ascent Employment Law (Droit du travail Ascent) et Jonas McKay, HHBG Lawyers
Cette information de People’s Law School explique de façon générale le droit qui s'applique en Colombie-Britannique, au Canada. L'information ne constitue pas un avis juridique. Consultez notre avis de non-responsabilité.
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